
L'importance de la marine marchande s'est considérablement accrue au cours des cinq dernières décennies, mais le grand public n'en est pas pleinement conscient. Pourtant, une interruption, même temporaire, du transport maritime aurait des conséquences économiques et sociales majeures pour une nation comme la nôtre, fortement dépendante des échanges internationaux. Plus de 90 % du volume des échanges commerciaux transitent par la mer. Presque tous les produits disponibles sur le marché ont, à un moment donné de leur production, traversé les océans. Le transport maritime est un moteur essentiel de la croissance économique, tant dans les pays industrialisés que dans les pays en développement.
Toutefois, force est de constater que le secteur maritime sénégalais n'a toujours pas atteint sa vitesse de croisière.
"L'histoire a établi de façon indiscutable que les nations qui laissent péricliter leur commerce maritime ou qui permettent à d'autres de les évincer sur la routes du commerce international ne restent pas longtemps des éléments qui comptent dans le concert des nations".
Ma vision en tant que directeur général de l'ANAM est de repositionner l'agence au cœur des enjeux et des projets structurants liés aux affaires maritimes. D'optimiser l'utilisation des infrastructures maritimes tout en garantissant la sécurité et la durabilité des opérations en mer.
Afin de la mettre en œuvre, nous renforcerons notre vigilance en matière de :
Sécurité maritime en respectant scrupuleusement les normes internationales telles que :
Les normes internationales de sécurité maritime sont conçues pour garantir un niveau minimal de sécurité pour les opérations maritimes. Si des mesures supplémentaires sont nécessaires pour assurer la sécurité maritime, elles seront prises en toute rigueur.
Dans le secteur des opérations maritimes, nous mettrons en œuvre toutes les mesures nécessaires pour optimiser les ressources de surveillance afin de protéger notre domaine public maritime de l'occupation illégale. De protéger notre zone économique exclusive (ZEE) contre les intrusions maritimes, la contrebande, assurer la sécurité des voies navigables et prévenir la pollution marine. À cet effet, il serait judicieux de se doter d'équipements de surveillance maritime de pointe, tels que des drones maritimes et des radars à ondes de surface HF qui exploitent la propagation des ondes de surface pour détecter des cibles au-delà de l'horizon, à plus de 200 miles nautiques. Ces équipements sont parmi les meilleurs pour assurer une surveillance maritime efficace et peuvent être intégrés aux ressources existantes telles que l'AIS (système d'identification automatique).
Dans le secteur du transport maritime et fluvial, il serait logique d'intensifier les efforts visant à optimiser les opérations portuaires afin d'accroître l'efficacité et la rentabilité. De même, il serait pertinent de stimuler le cabotage intérieur pour régénérer le commerce entre les ports secondaires et renforcer les liaisons maritimes avec les pays voisins. Il serait important de développer des zones franches autour des ports secondaires afin de booster le commerce et d'attirer les investissements, de mettre en place une redevance pollueur-payeur pour protéger l'environnement marin. Nous maintiendrons les bonnes pratiques existantes et, si nécessaire, nous apporterons des améliorations appropriées.
Pour ce qui concerne les gens de mer, afin de garantir des conditions de vie et de travail décentes aux gens de mer, nous nous engageons à appliquer rigoureusement la « charte des droits des gens de mer », ainsi que nos lois nationales qui protègent leurs droits.
En effet, il est inacceptable qu'en 2024, les gens de mer continuent de souffrir d'affections cutanées telles que les infections fongiques, les dermatites de contact ou toute autre infection qui peut nuire à leur vie et à leur travail. Nous devons renforcer les inspections en y mettant les moyens afin de détecter en amont les anomalies à bord des navires et les traiter en urgence, avant qu'elles n'affectent la santé des gens de mer.
Par ailleurs, il est urgent,
En ce qui concerne les circonscriptions maritimes, nous nous engageons à prêter une oreille attentive à leurs demandes afin de faciliter leur travail.
Nous mettrons en place des systèmes de suivi renforcés pour évaluer l'efficacité des mesures prises et ajuster nos stratégies en fonction des résultats observés.
Enfin, je mettrai l'accent sur la nécessité d'une intégration étroite des travaux et d'une connectivité renforcée entre les différentes directions de l'ANAM afin d'assurer une meilleure circulation de l'information.
Dans le jargon maritime, on dit qu’il ne faut jamais construire un navire qui satisfasse seulement les besoins du moment, mais il faut s’assurer d’une avance suffisante pour dépasser les nécessités du moment d’au moins 20 ans.
À mon avis, l'ANAM devrait s'orienter dans cette direction.
Chaque action entreprise doit tenir compte des besoins futurs, ce qui nous permettra de gagner du temps, d'accroître l'efficacité de nos travaux et de rationaliser les dépenses.
Je terminerai pour vous dire ceci chers collègues :
N'ayons pas peur du changement, car il est bénéfique et salutaire. N'ayons pas peur de nous fixer des objectifs ambitieux, car il n'y a aucune limite à ce que nous pouvons accomplir, pas de plafond de verre.
Ne craignons pas de nous remettre en question quotidiennement, sans cesse se remettre en question afin de stimuler la créativité qui est en nous. C’est l’essence même de notre vie.
Sincèrement !
Bécaye DIOP,
Directeur Général
Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM) du Sénégal
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